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Bonsoir!
Je vous prie d'excuser l'absence de billets sur ce blog ces derniers jours, mais entre les préparatifs de Noël , mes études très prenantes, les intempéries, des problèmes de connexion à internet
et les changements opérés dernièrement par mon hébergeur qui m'ont un peu contrariée, je dois avouer que je vous ai délaissées...Heureusement, tout s'est finalement arrangé, et c'est donc avec
plaisir que je vous retrouve pour une nouvelle édition de ma rubrique "Salon littéraire" . Je proposerai en janvier de nouveaux outfits intégrant des chapeaux et bonnets puisque je n'ai pas pu
finir cette thématique en temps et en heure. Dès demain nous nous intéresserons à une nouvelle thématique plus adaptée à la circonstance, puisque nous consacrerons une semaine aux tenues de
soirée, pour l'heure je vous laisse savourer ce texte magnifique de Zola, un de mes auteurs préférés:
"Mais Denise demeurait absorbée, devant l'étalage de la porte centrale. Il y avait là, au plein air de la rue, sur le trottoir même, un éboulement de marchandises à bon marché, la tentation de la porte, les occasions qui arrêtaient les clientes au passage. Cela partait de haut, des pièces de lainage et de draperie, mérinos, cheviottes, molletons, tombaient de l'entresol, flottantes comme des drapeaux, et dont les tons neutres, gris ardoise, bleu marine, vert olive, étaient coupés par les pancartes blanches des étiquettes. A côté, encadrant le seuil, pendaient également des lanières de fourrure, des bandes étroites pour garnitures de robe, la cendre fine des dos de petit-gris , la neige pure des ventres de cygne, les poils de lapin de la fausse hermine et de la fausse martre. Puis, en bas, dans des casiers, sur des tables, au milieu d'un empilement de coupons, débordaient des articles de bonneterie vendus pour rien, gants et fichus de laine tricotés, capelines, gilets, tout un étalage d'hiver aux couleurs bariolées, chinées, rayées, avec des taches saignantes de rouge. Denise vit une tartanelle à quarante-cinq centimes, des bandes de vison d'Amérique à un franc, et des mitaines à cinq sous. C'était un déballage géant de foire, le magasin semblait crever et jeter son trop-plein à la rue.
L'oncle Baudu était oublié. Pépé lui-même, qui ne lâchait pas la main de sa sœur, ouvrait des yeux énormes. Une voiture les força tous trois à quitter le milieu de la place ; et, machinalement, ils prirent la rue Neuve-Saint-Augustin, ils suivirent les vitrines, s'arrêtant de nouveau devant chaque étalage. D'abord, ils furent séduits par un arrangement compliqué : en haut, des parapluies, posés obliquement, semblaient mettre un toit de cabane rustique ; dessous des bas de soie, pendus à des tringles, montraient des profils arrondis de mollets, les uns semés de bouquets de roses, les autres de toutes nuances, les noirs à jour, les rouges à coins brodés, les chair dont le grain satiné avait la douceur d'une peau de blonde ; enfin, sur le drap de l'étagère, des gants étaient jetés symétriquement, avec leurs doigts allongés, leur paume étroite de vierge byzantine, cette grâce raidie et comme adolescente des chiffons de femme qui n'ont pas été portés. Mais la dernière vitrine surtout les retint. Une exposition de soies, de satins et de velours, y épanouissaient dans une gamme souple et vibrante, les tons les plus délicats des fleurs : au sommet les velours d'un noir profond, d'un blanc de lait caillé ; plus bas, les satins, les roses, les bleus, aux cassures vives, se décolorant en pâleurs d'une tendresse infinie ; plus bas encore, les soies, toute l'écharpe de l'arc-en-ciel, des pièces retroussées en coques, plissées comme autour d'une taille qui se cambre, dentelles vivantes sous les doigts savants des commis, et, entre chaque motif, entre chaque phrase colorée de l'étalage, courait un accompagnement discret, un léger cordon bouillonné de foulard crème. C'était là, aux deux bouts, que se trouvaient, en piles colossales, les deux soies dont la maison avait la propriété exclusive, le Paris-Bonheur et le Cuir-d'Or, des articles exceptionnels, qui allaient révolutionner le commerce des nouveautés. "
Emile Zola, Au bonheur des dames
image: www.lamesure.com
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J'ai décidé d'inclure une nouvelle rubrique à ce blog de mode, qui vous le savez, se
veut interactif. Je ne veux pas seulement parler chiffons avec vous mais aussi littérature. Imaginez-vous à un de ces salons féminins d'antan, sirotant du thé à la bergamotte et dégustant de
délicieux macarons en vous entretenant avec les autres demoiselles présentes...C'est l'idée de cette rubrique, alors foncez chez Ladurée, faites chauffer l'eau pour l'infusion et prenez place
derrière votre ordinateur comme vous auriez pris place sur un sofa en velours rouge dans un élégant salon, car nous allons commencer. J'entends vous proposer chaque semaine, ou une
semaine sur deux, un extrait de roman, ou de pièce de théâtre ou encore un poème traitant de la thématique de la mode, décrivant la magnificence des atours féminins avec luxe de détails, afin
d'allier mes deux passions: la mode et la littérature. N'hésitez pas à réagir, ou à proposer également des textes en rapport avec notre thème!




